Le retour à la terre : plan du futur ou serre du passé?

Le XXIème siècle tient toutes ses promesses et nous offre d’intéressantes perspectives sur le changement radical de cette société dite industrialisée. D’un côté, on nous bassine avec le réchauffement de la planète, prouvé scientifiquement, alors que d’autres chercheurs nous disent le contraire. Ensuite, c’est la révolution technologique et sa panoplie d’outils informatiques, des programmes qui s’entrelacent, des virus qui affectent le système, des webcams qui connectent les gens à travers le monde. Purée, de mémoire de campagnard, les nouvelles technologies, ça a du bon… on reste connecté et même si on part en rando dans la montagne, vaut mieux rester connecté (ou au pire prendre une clef USB dans le sac à dos), pour pouvoir surfer sur le net dans un refuge situé à 2000 mètres d’altitude. Les nouvelles technologies, ça rassure, on pourra regarder la Coupe du monde dans le train ou peut-être dans la forêt amazonienne s’il reste des arbres. Trêve de plaisanterie, le « retour à la terre » c’est du sérieux, quand on pense que la fin du monde avait été annoncée en décembre 2012, on l’a échappé belle ! Heureusement, car on aurait raté un épisode de la grande histoire l’humanité qui vient juste d’ouvrir la porte sur le « nouvel âge » communément appelé « New Age ». Nous nous sommes demandés quelle serait la vision d’un agriculteur, par rapport à ce monde industrialisé et en proie à la technocratie. Nous avons rencontré Henri Tournel, paysan de souche et cultivateur spécialisé (légumes) à la Motte d’Aigues (Vaucluse).

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A la question : « avons-nous besoin de retourner à la terre en ce XXIème siècle plein de mystères ? », Henri, en bon cul terreux, s’est exprimé avec un vocabulaire particulièrement pertinent. «  Coumprendi qué ! Si on revient pas à la terre, on va rester la tête dans les nuages. Ce qui veut dire, qu’à force de trop penser, on va passer à côté de quelque chose. Et puis, souvent noyés dans le virtuel, il y a des gonzes qui n’ont jamais vu une vache ou un chien, ils pianotent toute la journée, avalent des sandwiches pas frais et gèrent leur existence comme leur compte en banque, ils préfèrent un retour d’intérêt que le retour à la terre. C’est pas un mirage, ça s’appelle spéculer La philosophie de notre monde rural, c’est la simplicité, le lien qu’on a avec les arbres ou nos animaux, qui ensoleille la journée d’un rayon d’humanité. Tout ça pour dire que le retour à la terre, ça signifie pas forcément tout larguer pour vivre à la campagne pour « faire bien », mais c’est aussi retrouver les valeurs humaines qui ont fondé une société ou une civilisation : amitié, respect, gaieté, joie de vivre. Un peu de chaleur dans un monde où notre soupe se refroidit quand on met la télé, où on nous sert des infos négatives et des pesticides pour stimuler la consommation. « Putain, de mémoire de paysan, si on garde pas les pieds sur terre… on va perdre la boule. Dans ce monde industrialisé, trop individualiste, on a même oublié le partage, chacun pour sa gueule ! » Merci Henri pour votre philosophie de vie. Et pour finir, quelques phrases pour nos lecteurs : « Je vais être bref : retrouver l’harmonie avec les rythmes de la nature, arrêter de se tambouriner la tête avec la perspective d’un monde meilleur. Vivons ! »       D.L.

Author: la rédaction

Originaire de Manosque, ce petit fils d’herboriste et de charcutier a non seulement la main verte, mais également le goût bien prononcé. Journaliste, auteur régional et passionné par les traditions provençales, Didier a parfaitement su décrire dans « Douceurs d’autrefois » l’ambiance si chaleureuse des goûters préparés par nos grand-mères. Dans son premier ouvrage « Mémoires d’un Herboriste »-Equinoxe Editions- Didier a mis en valeur les préparations de tisanes, de cosmétiques et les senteurs à l’ancienne.

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