La Provence et son lien avec l’Ordre de Malte

 

Guerriers, missionnaires, administrateurs, et médecins, les Hospitaliers avaient mis en place une éthique particulière entre vocation religieuse et tempérament belliqueux. Des dalles à l’effigie de communes provençales se trouvent encore dans la Co-cathédrale saint Jean à La Valette.

un Chevalier Hospitalier de l'Ordre de saint Jean prise à la Sacra Infermeria (768x1024)

Afin d’organiser la défense des lieux saints et la protection des pèlerins, des ordres de chevalerie furent institués dès la prise de Jérusalem (1099), notamment les « Chevaliers de l’Hôpital » et les « Chevaliers du Temple ». Ces moines soldats, par leur discipline et leur valeur morale, assurèrent la garde Jérusalem pendant deux siècles. Puis, à longueur d’année, mal soutenus par les rois d’occident, sous le joug des de rivalités politiques venant des seigneurs laïcs installés sur le territoire à des fins ambitieuses, attaqués par des forces supérieures en nombre, ils durent céder et ses retirer de Palestine en 1291.

Les Hospitaliers, abrités dans l’île de Chypre, conquirent Rhodes où ils s’installèrent afin de protéger les pèlerins chrétiens qui tentaient de se rendre à Jérusalem par voie maritime.

Chassés de Rhodes en 1522 par les musulmans, les Chevaliers de Saint-Jean se réfugièrent à Nice, puis s’établirent à Malte en 1530 où ils luttèrent pendant trois siècles contre la piraterie en Méditerranée, protégèrent malades, pauvres et combattants dans l’hôpital le plus moderne à l’époque, et formèrent de nombreux officiers pour la marine royale de France.

En Provence, l’Ordre des chevaliers s’était implanté dès 1120 à saint Gilles, en 1124 à la Motte (diocèse de Fréjus), en 1136 à Richerenches (près de Valréas), en 1138 en Arles, vers 1150 en Avignon, en 1155 à Lorgues-Ruou, Hyères et Luz-la Croix haute.

Au début du XIIème, les Hospitaliers fondent une maison à Manosque, sans doute à la demande de Géraud III, évêque de Sisteron de 111à à 1124.

La renommée grandissante de l’établissement lui attirait la bienveillance des seigneurs séculiers, notamment à travers de nombreux dons, terres, droits…

En 1209, l’Hôpital de saint Jean de Jérusalem possède les droits régaliens du Comte de Forcalquier ; le Commandeur réside dans l’ancien château du Comte (actuelle place du Terreau), l’Hôpital possède une matrice pour frapper les bulles de plomb portant à l’avers, la croix pattée de l’Ordre, et au revers, la main bénissant  la maison.

D’un autre côté, l’Hôpital, seigneur de Manosque, avait à ce titre, le droit de justice et possédait un sceau authentique. Parmi les membres importants de l’Ordre des Hospitaliers, se trouvait :

-Le Commandeur , supérieur hiérarchique du couvent, il possédait des domestiques, des chevaux, et veillait à l’instruction des jeunes, surveillait la discipline générale des frères, leurs exercices militaires et religieux. Il dirigeait l’administration des biens dont il dressait un inventaire à son arrivée et à son départ. Au titre de seigneur de Manosque, il jurait dès sa prise de fonction, de pourvoir à la défense du territoire et publiait les règlements, rendait la justice (ou la faisait rendre en son nom).

-Le Baile ou Bailli, second personnage de l’institution, il s’occupait de la juridiction de Manosque, des questions seigneuriales et remplaçait le Commandeur en cas d’absence de ce dernier. Appelé aussi  Sénéchal, il devint vers 1260, un administrateur sédentaire placé à la tête d’un bailliage.

-Des officiers de rang inférieur régissaient également les différentes tâches de la Commanderie.

 

Co-Cathédrale saint Jean

Malgré une apparence plutôt austère sur le plan extérieur, la Co-cathédrale Saint Jean attire des milliers de visiteurs et demeure un des hauts lieux de l’art baroque en Europe.

L’intérieur est particulièrement impressionnant,  le sol entier est recouvert par des tombeaux en marbre. Ces dalles rendent hommages à quelques chevaliers parmi les plus illustres de l’Ordre. Toutes les pierres tombales sont des créations d’origine qui ont été décorées avec du marbre coloré. Elles datent du début XVIIème jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Chaque tombeau est  subtilement décoré avec des expressions de triomphe, de renommée et de mort. Dans la chapelle de France (actuellement en cours de restauration), le public peut voir des dalles de marbre avec de nombreuses références aux chevaliers Hospitaliers venant de notre région. L’Auberge de Provence, située à « Republic Street (l’artère principale de la capitale maltaise) bâtie en 1575, abrite l’actuel Musée national d’Archéologie. Au sein de la « National Library » (Bibliothèque Nationale), se trouvent de nombreuses archives communes aux chevaliers de l’Ordre de saint Jean, faisant référence aux commanderies de Manosque et de Puimoisson.Le Grand Hôpital (Sacra infermeria), l’hôpital des chevaliers fut également construit (à l’entrée du port de La Valette) par un français : Jean Levesque de La Cassière (1502-1581).

Des traces qui ont traversé les siècles et qui ont permis de conserver les couleurs de la Provence au cœur de la Méditerranée… sur le sol de Malte.

 

 

 

D.L provencedoc.com

Author: la rédaction

Originaire de Manosque, ce petit fils d’herboriste et de charcutier a non seulement la main verte, mais également le goût bien prononcé. Journaliste, auteur régional et passionné par les traditions provençales, Didier a parfaitement su décrire dans « Douceurs d’autrefois » l’ambiance si chaleureuse des goûters préparés par nos grand-mères. Dans son premier ouvrage « Mémoires d’un Herboriste »-Equinoxe Editions- Didier a mis en valeur les préparations de tisanes, de cosmétiques et les senteurs à l’ancienne.

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