La Pétanque ou art de s’en tenir au carreau

 

une partie de petanque

 

Du provençal « pé » (pied) et « tanco » (fixé au sol), notre sport national a fait couler beaucoup de salive, quant à l’origine de sa création. Quelques-uns l’associent à un jeu de boules, dans lequel deux équipes tentent de s’approcher le plus près du cochonnet pour marquer des points ; d’autres la voient comme une activité de dilettante qui se place avant l’apéro ; et certains voudraient en faire le sport olympique de la cigale.

En fait, les légendes sont nombreuses et variées, mais ce qui a le plus résonné dans mes oreilles de manosquin, c’est une partie de boules qui avait lieu à La Ciotat, commune des Bouches-du Rhône, dans laquelle un « goï » voulait se joindre à une partie de boules. Ce dernier ayant un handicap et ne pouvant prendre de l’élan pour tirer, les protagonistes ont décidé de  jouer les « pieds tanqués », de manière à ce que tout le monde s’approche du cochonnet avec la même technique.

Bon chemin faisant, vu le succès de la discipline, on a créé le Mondial à Pétanque et de grands concours estivaux, où les pointeurs et les tireurs se livrent une bataille aussi bien physique que psychologique. Et puis, c’est aussi un spectacle, car la concentration et la précision du pointeur se frotte à la dextérité et à la vitesse du tireur. 13 points, c’est pas les 15 du Volley, ou les 5 sets du tennis mais ça tient quand même en haleine, d’autant plus que les parties se jouent essentiellement à la belle saison. Alors, on a créé l’apéro… quand les cigales ont fini de chanter, et aussi pour faire tinter les verres après les claquements des boules. N’oublions pas les places ombragées nos villages de Provence qui s’animent au son des expressions, des clics, des claques, des rafles ou des carreaux, ça met tout de suite de l’ambiance sur la piste. Doublettes ou triplettes, l’ombre de  l’esprit d’équipe plane sur le boulodrome, le soleil attise la soif de victoire, la sueur qui dégouline du front reste synonyme d’effort… on se régale ! La pétanque, c’est une marque de convivialité dans notre culture provençale, un puits d’anecdotes, un point de rencontre,  et pour ceux qui veulent  finir sur une boutade: « c’est pas parce qu’on a les pieds tanqués qu’on va rentrer sur une patte » ; l’activité ayant aussi pignon sur rue (la preuve en image).

 

 

D. L. provencedoc.com

 

Author: la rédaction

Originaire de Manosque, ce petit fils d’herboriste et de charcutier a non seulement la main verte, mais également le goût bien prononcé. Journaliste, auteur régional et passionné par les traditions provençales, Didier a parfaitement su décrire dans « Douceurs d’autrefois » l’ambiance si chaleureuse des goûters préparés par nos grand-mères. Dans son premier ouvrage « Mémoires d’un Herboriste »-Equinoxe Editions- Didier a mis en valeur les préparations de tisanes, de cosmétiques et les senteurs à l’ancienne.

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