L’image de la semaine:la Fontaine pétrifiante de Réotier

 

La fontaine est alimentée par les eaux de la Saulce qui ont la même origine que les sources du Plan de Phazy. Ces deux résurgences ne sont séparées que par deux kilomètres sur la grande faille de la Durance. Les eaux d’infiltration, qui descendent par gravité, filtrent à travers les couches minérales (calcaires, dolomites, gypse…) tout en se réchauffent de 3 °C tous les 100 mètres.

C’est la faille qui favorise la remontée vers la surface où les eaux jaillissent à la température de 21 °C. Elles sont chargées en bicarbonate de calcium et dégazent en libérant du gaz carbonique et en formant un précipité de calcite. À Réotier, le dépôt de calcite est d’environ 140 mg/litre, un taux suffisant pour pétrifier tous les matériaux environnants.

 

les légendes sont parfois bâties sur une perception altérée de la réalité

Comme beaucoup de sites de ce type, une légende y est attachée. Antoine, paysan à Réotier, pour mieux carrer son pré devenait colporteur en automne et partait en Provence. Il arriva, en l’an de grâce 1697, qu’il termina son périple aux foires d’Apt. Décidé à revoir rapidement sa jeune femme qui était grosse, il prit le coche pour Manosque et Sisteron. Arrivé là, il apprit que la correspondance pour Gap ne se ferait que dans deux jours et il décida de finir le trajet à pied. Il fit étape à La Saulce, puis Chorges, et arriva enfin à Gap la veille de Noël.

Il était quasiment arrivé chez lui. Mais le temps se gâta pour ce dernier trajet, tant et tant qu’en milieu d’après-midi, quand il longeait les vignes de Saint-Clément, il fut pris dans une tempête de neige. Bon chrétien, il implora la Vierge, mais la tourmente redoubla. Enfin arriva une accalmie et la clarté de la lune déchira les nuages. Il vit alors, tout près de lui, un monstre aux dents acérées et se crut en enfer. Mourir pour mourir, il aurait préféré le paradis et décida d’affronter le monstre. Saisissant une branche aussi grosse qu’un gourdin, il s’approcha, prêt à en découdre. Ce fut alors qu’il reconnut la silhouette de la fontaine pétrifiante que tous connaissaient dans sa paroisse. Il fut chez lui quand sonnèrent les douze coups de minuit, son épouse venait tout juste d’accoucher.

 

Mais si on jette un coup d’œil profond à travers cette carte postale, on aperçoit comme une forme animale taillée dans la roche. Magie de la nature ou mystère qui trompe nos sens, la forme qui naît de cette roche ne laisse pas indifférent.

Preuve que certaines légendes sont parfois nourries par des vérités, des faits réels ou autres formes, qui deviennent à leur tour des mensonges pour nos yeux. Entre fiction et réalité, notre perception de l’environnement peut parfois nous laisser pétrifiés !

 

 

 

 

 

D.L.

Infos source wikipédia

Author: la rédaction

Originaire de Manosque, ce petit fils d’herboriste et de charcutier a non seulement la main verte, mais également le goût bien prononcé. Journaliste, auteur régional et passionné par les traditions provençales, Didier a parfaitement su décrire dans « Douceurs d’autrefois » l’ambiance si chaleureuse des goûters préparés par nos grand-mères. Dans son premier ouvrage « Mémoires d’un Herboriste »-Equinoxe Editions- Didier a mis en valeur les préparations de tisanes, de cosmétiques et les senteurs à l’ancienne.

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