Aux quatre coins du monde

 

Quand un individu (dans le vocabulaire du monde) partait souvent en voyage (ou en » barule », selon certaines régions reculées de notre Provence), on disait de lui: « celui-là, il est allé aux quatre coins du monde! »

Bien entendu, le voyageur en question avait du prendre souvent l’avion ou le train, ce qui laissait admiratifs les gens du pays, qui eux n’avaient jamais voyagé. Pourtant, dans notre région, des voyages, il y en  a en pagaille, seulement on ne prend pas forcément l’avion ou le train pour découvrir le monde rural. On prend la voiture quand on en a une, le vélo, le cyclo, la moto et si on souhaite se balader  en forêt … on y va à pied.

Et quand on était gamin, avant de faire un grand périple à vélo Manosque-Sainte Tulle ou Pierrevert, on vérifiait tout : les pneus, la pompe, le réglage du guidon,la sacoche avec des « mars « dedans, la gourde. Parfois il nous manquait une pièce ou un boulon et là, ça devenait sérieux, fallait réparer car on en pouvait pas se permettre de rouler sur un « biclou » défectueux.

Et à Manosque cente, dans les années 70, il n’y avait qu’un endroit pour répondre à nos attentes, aussi bien en matière de patins à roulettes, jante  de vélo,  cyclo ou autre boulon manquant. cet endroit magique s’appelait « le coin du bricoleur » et là, on ne pouvait pas le manquer car c’était le seul endroit ou l’on vendait au détail… du style « t’as besoin d’un écrou ou d’une vis de 12, pas besoin d’acheter tout le paquet, on achetait à la pièce. Drôlement pratique, parce que ça limitait les dépenses et on pouvait cibler en fonction de nos besoin. Et pour trouver ce lieu hors du commun, à ma connaissance, un seul panneau indicateur se trouvait en centre ville de la cité des quatre mains, qui bien placé stratégiquement..indiquait:

l’art de connaître tous les coins de rue

 

Et toutes ces histoires de coins,ça fait réfléchir… car au fond, l’aventure est souvent une question de directions.

Mais le plus important c’est de comprendre, que même si on est allé aux quatre coins du monde, on peut parfois trouver son bonheur au coin de la rue.

 

D.L.

 

 

Author: la rédaction

Originaire de Manosque, ce petit fils d’herboriste et de charcutier a non seulement la main verte, mais également le goût bien prononcé. Journaliste, auteur régional et passionné par les traditions provençales, Didier a parfaitement su décrire dans « Douceurs d’autrefois » l’ambiance si chaleureuse des goûters préparés par nos grand-mères. Dans son premier ouvrage « Mémoires d’un Herboriste »-Equinoxe Editions- Didier a mis en valeur les préparations de tisanes, de cosmétiques et les senteurs à l’ancienne.

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